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Histoire de l'humanité

La dynastie des Flaviens

La dynastie Flavienne, qui a débuté sous le règne de Vespasien durant l’année des quatre empereurs, est connue pour plusieurs événements historiques, économiques et militaires importants.

Contexte

La dynastie flavienne est une dynastie impériale romaine qui a régné sur l’Empire romain entre 69 et 96 de notre ère, comprenant les règnes de Vespasien (69-79) et de ses deux fils Titus (79-81) et Domitien (81-96). Les Flaviens sont arrivés au pouvoir pendant la guerre civile de 69, connue comme l’Année des quatre empereurs. Après la mort de Galba et Otho, Vitellius est devenu empereur au milieu de l’année 69. Sa prétention au trône fut rapidement contestée par les légions stationnées dans les provinces orientales, qui déclarèrent leur commandant, Vespasien, empereur à sa place. La deuxième bataille de Bedriacum fit pencher la balance de manière décisive en faveur des forces flaviennes, qui entrèrent à Rome le 20 décembre. Le jour suivant, le Sénat romain déclarait officiellement Vespasien empereur de l’Empire romain, marquant ainsi le début de la dynastie flavienne. Bien que la dynastie se soit avérée de courte durée, plusieurs événements historiques, économiques et militaires importants ont eu lieu pendant leur règne.

Les Flaviens ont entrepris des réformes économiques et culturelles. Sous Vespasien, de nouveaux impôts ont été conçus pour restaurer les finances de l’Empire, tandis que Domitien réévaluait la monnaie romaine en augmentant sa teneur en argent. Un vaste programme de construction a été mis en place pour célébrer l’ascension de la dynastie des Flavien, laissant de nombreux points de repère dans la ville de Rome, dont le plus spectaculaire était l’amphithéâtre Flavien, plus connu sous le nom de Colisée.

L’ascension au pouvoir

Le 9 juin 68 de notre ère, face à l’opposition croissante du Sénat et de l’armée, Néron se suicida, et avec lui la dynastie Julio-Claudienne prit fin. Le chaos s’ensuivit, conduisant à une année de guerre civile brutale, connue sous le nom d’Année des quatre empereurs, au cours de laquelle les quatre généraux les plus influents de l’Empire romain – Galba, Otho, Vitellius et Vespasien – se disputèrent successivement le pouvoir impérial. La nouvelle de la mort de Néron parvient à Vespasien alors qu’il se prépare à assiéger la ville de Jérusalem. Presque simultanément, le Sénat avait déclaré Galba, alors gouverneur de l’Hispanie Tarraconensis (l’Espagne moderne), empereur de Rome. Plutôt que de poursuivre sa campagne, Vespasien décida d’attendre d’autres ordres et d’envoyer Titus pour saluer le nouvel empereur. Mais avant d’arriver en Italie, Titus apprend que Galba a été assassiné et remplacé par Otho, le gouverneur de la Lusitanie (le Portugal actuel). Au même moment, Vitellius et ses armées en Germanie s’étaient révoltés et se préparaient à marcher sur Rome, avec l’intention de renverser Otho. Ne voulant pas risquer d’être pris en otage d’un côté ou de l’autre, Titus abandonna le voyage vers Rome et rejoignit son père en Judée.
La carte montre que la Dalmatie (une des quatre régions historiques de la Croatie), la Pannonie (une ancienne province de l’Empire romain limitée au nord et à l’est par le Danube, coterinumus à l’ouest avec la Norique et la haute Italie, et au sud avec la Dalmatie et la haute Méssie), la Méssie (une ancienne région et plus tard une province romaine située dans les Balkans, le long de la rive sud du Danube), Aegyptus (la province romaine d’Égypte), Iudaea (une région qui comprenait les régions de Judée, de Samarie et d’Idumée et s’étendait sur des parties des anciennes régions des royaumes hachémoniens et hérodiens d’Israël) et la Syrie étaient fidèles à Vespasien.

Carte de l'empire romain sous les Flaviens
Empire romain en 69 de notre ère : L’Empire romain pendant l’année des quatre empereurs (69 de notre ère). Les zones en violet indiquent les provinces loyales à Vespasien et à Gaius Licinius Mucianus. Les zones vertes indiquent les provinces loyales à Vitellius.

Otho et Vitellius ont pris conscience de la menace potentielle que représentait la faction flavienne. Avec quatre légions à sa disposition, Vespasien commandait un effectif de près de 80 000 soldats. Sa position en Judée lui donnait en outre l’avantage d’être le plus proche de la province vitale d’Égypte, qui contrôlait l’approvisionnement en céréales de Rome. Son frère, Titus Flavius Sabinus II, en tant que préfet de la ville, commandait toute la garnison de la ville de Rome. Les tensions entre les troupes flaviennes étaient vives, mais tant que Galba et Otho restaient au pouvoir, Vespasien refusait d’agir. Cependant, lorsque Othon fut vaincu par Vitellius lors de la première bataille de Bedriacum, les armées de Judée et d’Égypte prirent les choses en main et déclarèrent Vespasien empereur le 1er juillet 69. Vespasien accepta et s’allia avec Gaius Licinius Mucianus, le gouverneur de Syrie, contre Vitellius. Une forte force issue des légions judéennes et syriennes marche sur Rome sous le commandement de Mucianus, tandis que Vespasien lui-même se rend à Alexandrie, laissant à Titus le soin de mettre fin à la rébellion juive.

Entre-temps, à Rome, Domitien a été placé en résidence surveillée par Vitellius, comme garantie contre une future agression flavienne. Le soutien à l’ancien empereur diminue cependant, alors que de plus en plus de légions dans tout l’empire prêtent allégeance à Vespasien. Le 24 octobre 69, les forces de Vitellius et de Vespasien s’affrontent lors de la deuxième bataille de Bedriacum, qui se termine par une défaite écrasante pour les armées de Vitellius. En désespoir de cause, il tente de négocier une reddition. Des conditions de paix, dont une abdication volontaire, furent convenues avec Titus Flavius Sabinus II, mais les soldats de la Garde prétorienne – la garde du corps impériale – considérèrent une telle démission comme honteuse et empêchèrent Vitellius d’appliquer le traité. Après plusieurs escarmouches entre les factions, Vitellius fut finalement tué et le 21 décembre, le Sénat proclama Vespasien empereur de l’Empire romain.

Bien que la guerre ait officiellement pris fin, un état d’anarchie et d’anarchie régnait dans les premiers jours suivant la disparition de Vitellius. Au début de l’année 70, l’ordre fut rétabli par Mucianus, qui dirigea un gouvernement intérimaire avec Domitien comme représentant de la famille Flavienne au Sénat. En apprenant la défaite et la mort de son rival à Alexandrie, le nouvel empereur envoya immédiatement à Rome des provisions de céréales dont il avait un besoin urgent, ainsi qu’un édit ou une déclaration de politique, dans laquelle il donnait l’assurance d’un renversement complet des lois de Néron, en particulier celles relatives à la trahison. Cependant, au début des années 70, Vespasien était toujours en Égypte, continuant à consolider le soutien des Égyptiens avant son départ. À la fin de l’année, il rentre finalement à Rome, et est correctement installé comme empereur.

Le règne de Vespasien

Il reste peu d’informations factuelles sur le gouvernement de Vespasien pendant les dix années où il a été empereur. Vespasien a passé sa première année de règne en Égypte, durant laquelle l’administration de l’empire a été confiée à Mucianus, aidé par le fils de Vespasien, Domitien. Les historiens modernes pensent que Vespasien y est resté, afin de consolider le soutien des Égyptiens. Au milieu des années 70, Vespasien est venu pour la première fois à Rome et s’est immédiatement lancé dans une vaste campagne de propagande pour consolider son pouvoir et promouvoir la nouvelle dynastie. Son règne est surtout connu pour les réformes financières qui ont suivi la disparition de la dynastie Julio-Claudienne, telles que l’instauration de la taxe sur les urinoirs, et les nombreuses campagnes militaires menées dans les années 70. La plus importante d’entre elles a été la première guerre judéo-romaine, qui s’est terminée par la destruction de la ville de Jérusalem par Titus. De plus, Vespasian a fait face à plusieurs soulèvements en Égypte, en Gaule et en Germanie, et aurait survécu à plusieurs conspirations contre lui. Vespasien a aidé à reconstruire Rome après la guerre civile, en ajoutant un temple de la paix et en commençant la construction de l’amphithéâtre flavien, plus connu sous le nom de Colisée.

Beaucoup d’historiens modernes notent l’augmentation de la propagande qui est apparue pendant le règne de Vespasien. Les histoires d’un empereur surnaturel, qui était destiné à régner, circulaient dans l’empire. Près d’un tiers de toutes les pièces frappées à Rome sous Vespasien célébraient la victoire militaire ou la paix. Le mot « vindex » a été retiré des pièces pour ne pas rappeler au public le rebelle Vindex. Les projets de construction portaient des inscriptions louant Vespasien et condamnant les empereurs précédents. Un temple de la paix a également été construit dans le forum. Vespasien approuve les histoires écrites sous son règne, ce qui permet d’éliminer les préjugés à son encontre.

Vespasien accordait également des récompenses financières aux écrivains. Les anciens historiens qui ont vécu cette période, comme Tacite, Suétone, Josèphe et Pline l’Ancien, parlent de Vespasien en termes suspicieux, tout en condamnant les empereurs qui l’ont précédé. Tacite admet que son statut a été élevé par Vespasien, Josèphe identifie Vespasien comme un protecteur et un sauveur, et Pline a dédié ses Histoires Naturelles au fils de Vespasien, Titus.

Ceux qui se sont élevés contre Vespasien ont été punis. Un certain nombre de philosophes stoïciens ont été accusés de corrompre des étudiants avec des enseignements inappropriés et ont été expulsés de Rome. Helvidius Priscus, un philosophe pro-républicain, a été exécuté pour ses enseignements.

Vespasien est mort de causes naturelles le 23 juin 79, et son fils aîné, Titus, lui a immédiatement succédé.

Vespasien Vae puto deus fio
Buste de Vespasien : Vespasien a fondé la dynastie des Flaviens, qui a régné sur l’Empire pendant vingt-sept ans.

Principaux enseignements

Points clefs

  • Vespasien, un général de l’armée romaine, a fondé la dynastie Flavienne, qui a régné sur l’Empire pendant 27 ans.
    Alors que Vespasien assiégeait Jérusalem pendant la rébellion juive, l’empereur Néron se suicida et plongea Rome dans une année de guerre civile, connue sous le nom d’Année des quatre empereurs.
  • Après que Galba et Otho aient péri l’un après l’autre, Vitellius devient le troisième empereur en avril 69 de notre ère.
    Les légions romaines d’Égypte et de Judée ont réagi en déclarant Vespasien, leur commandant, empereur le 1er juillet 69 de notre ère.
  • Dans sa quête de pouvoir impérial, Vespasien s’unit à Mucianus, gouverneur de Syrie, et à Primus, général en Pannonie, laissant à son fils Titus le commandement des forces assiégeantes à Jérusalem ; Primus et Mucianus dirigent les forces flaviennes contre Vitellius, tandis que Vespasien prend le contrôle de l’Égypte.
  • Le 20 décembre 69, Vitellius est vaincu, et le lendemain, Vespasien est déclaré empereur par le Sénat.
    Il ne reste que peu d’informations sur le gouvernement de Vespasien pendant ses dix années de règne. Il réforme le système financier de Rome après la fin de la campagne contre la Judée et lance plusieurs projets de construction ambitieux.

Termes clefs

  • Garde prétorienne : Une force de gardes du corps utilisée par les empereurs romains, qui ont également servi de police secrète et participé à des guerres.
  • Année des quatre empereurs : Une année dans l’histoire de l’Empire romain, en 69 de notre ère, au cours de laquelle quatre empereurs ont régné successivement : Galba, Otho, Vitellius et Vespasien.
  • Colisée : Aussi connu sous le nom d’Amphithéâtre Flavien, un amphithéâtre ovale au centre de la ville de Rome, en Italie, construit en béton et en sable. Le plus grand amphithéâtre jamais construit, utilisé pour les concours de gladiateurs et les spectacles publics, tels que les simulacres de batailles maritimes, les chasses aux animaux, les exécutions, les reconstitutions de batailles célèbres et les drames basés sur la mythologie classique.

Par Sam Zylberberg

Historien, professeur, passionné par les sciences humaines, la recherche, la pédagogie, les échanges culturels et les ailleurs.

Créateur de JeRetiens, JeComprends, et Historiquement point com.